Le rêve de Martin

Le rêve de Martin

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C’était dans le tramway. Un jeudi soir. Je rentrais du travail et comme beaucoup d’autres voyageurs, j’étais fatigué de ma journée. Cela faisait bientôt deux mois que j’avais commencé ce nouveau job et je trouvais déjà que chaque semaine était un peu plus épuisante que la précédente. Je n’étais donc pas mécontent d’avoir pu trouver une place assise. Dans un carré, près de la fenêtre et dans le sens de la marche. Ça n’a l’air de rien, mais même dans un tramway, il y a des places plus intéressantes que d’autres.

Il était déjà là quand je me suis assis. Je l’avais remercié d’avoir réajusté ses jambes et son sac qu’il tenait sur ses genoux pour me permettre de m’installer plus aisément.

Et puis, soudain, il y a eu cette femme qui a commencé une conversation de vive voix.

Appuyée sur son bras gauche le long la barre prévue à cet effet, elle tenait son smartphone dans sa main droite qu’elle agitait pour accompagner ses propos.         
Elle souriait de manière quasi permanente et utilisait un casque filaire intra-auriculaire de telle sorte que, comme souvent dans ce cas, elle donnait l’impression de parler à quelqu’un qui n’existait pas. 

Bien que ce soir-là il n’y ait pas eu grand monde dans la voiture, son comportement est devenu rapidement agaçant pour beaucoup de voyageurs. Je ne sais pas si le plus gênant était le niveau sonore de sa conversation ou le fait d’avoir tous les détails de son altercation avec des CRS sur une manif de la veille. Sans doute les deux.

Quelques regards, surtout destinés à se rassurer mutuellement sur le caractère sans gêne de cette personne, se sont échangés entre voyageurs et lorsque l’un d’eux l’a regardé dans les yeux avec un air franchement désapprobateur, elle s’est simplement retournée.

C’est à ce moment que mon voisin d’en face m’a regardé en souriant et m’a lancé « un tel sourire avec ce regard dans le vide, c’est sûr, elle doit s’adresser à un ange ».

Tout d’abord, je lui ai simplement souri mais j’étais interloqué. Cette expression, cette tournure de phrase, c’était mon genre. C’était une expression qui aurait pu être la mienne.

Avait-il déjà lu des articles de mon blog ? Comme nous avons des sosies physiques, aurions-nous aussi des sosies psychiques ? L’aurais-je déjà croisé dans l’une de mes vies antérieures ?

Il devait avoir à peu près mon âge, ou un peu moins. L’air sympathique avec son look plutôt simple et classique. Un jean, des chaussures de ville, une parka, des lunettes et une casquette. La mienne, de casquette, était dans mon sac.

Je ne pouvais pas en rester là. Alors je lui ai répondu à ma façon « Mais dans un tram, dit l’âne, elle nous dérange dit l’ange ».

Il m’a souri à nouveau et m’a répondu  »Bien vu ! ».

Quelques stations plus tard, j’avais appris qu’il était directeur d’un centre social à Saint-Denis et que le tramway était une solution de remplacement car il s’était fait voler son vélo électrique deux jours plus tôt. Contrairement à moi, qui avais intégré ce mode de déplacement dans mon quotidien depuis quelque temps, il n’était pas très familiarisé avec ces us et coutumes.

« Bobigny Pablo Picasso. Terminus. Tous les voyageurs sont priés de descendre. Le prochain tram est dans 4 minutes. Merci« .

Terminus improvisé. Régulation de trafic. Cela arrive parfois. Le quai était bondé et le prochain tramway était finalement affiché dans 11 minutes.

Poursuivant notre conversation, je lui ai raconté la fois où l’annonce de la conductrice avait rappelé que les scooters n’étaient pas admis en voiture et mon souvenir de ce gars remontant tristement le quai en poussant son engin. Il devait être en panne.

Cela faisait bien trois minutes qu’il restait encore sept minutes avant l’arrivée de notre voiture. Le timing de l’affichage répond parfois à des règles qui m’échappent. Il y avait vraiment beaucoup de monde autour de nous et le tram suivant était annoncé quinze minutes plus tard. À cette heure-ci, je me disais que ces deux prochains trams seraient sûrement déjà bondés en arrivant à quai.

J’ai réussi à capter l’heure sur le smartphone d’un autre voyageur. Il était dix-huit heures cinquante-cinq. J’ai vu mon compagnon de voyage regarder sa montre puis il m’a dit « Ça devient compliqué. Ça vous dit d’aller boire un coup le temps de laisser passer l’affluence ? ».

J’étais très surpris mais cela ne devait pas se voir. Il y avait des lustres que je ne m’étais pas retrouvé dans un café pour boire un coup avec quelqu’un que je ne connaissais pas. Je ne me souvenais même plus à quand remontait la dernière fois. La première fois, ça devait être à l’époque du lycée. Cela m’était aussi arrivé quand je vivais à droite et à gauche dans différentes villes, différentes régions de France. Bien avant l’arrivée de mon fils. Bien avant aussi que je ne rencontre sa mère. Je crois que j’avais oublié l’idée que cela pouvait encore se faire entre personnes de nos âges.

« Bonne idée, faisons cela. Il y a vraiment trop de monde pour le moment « . Tout en lui répondant, je réfléchissais à mon trajet de retour. À peu près quinze minutes de tram et la correspondance avec le bus 347. Que ce soit maintenant ou plus tard, j’en aurais toujours eu pour une bonne heure et plus avant d’arriver chez moi. Et puis je n’avais rien d’autre à faire, alors autant prendre le temps de faire autrement que tous les jours.

Après avoir monté des escaliers, nous nous sommes retrouvés sur une passerelle. Il faisait maintenant totalement nuit. D’un côté, il y avait le centre commercial Bobigny 2 et de l’autre, le tribunal de Bobigny. Celui qui est fréquemment cité dans les affaires judiciaires médiatisées.

N’ayant rien besoin d’acheter et rien à nous reprocher non plus, nous avons pris la direction du tribunal. Je me souvenais d’un bar qui se trouvait un peu plus bas sur le parvis, derrière la chambre de commerce et de l’industrie.

Nous avons facilement trouvé le café auquel je pensais. En rentrant, je me suis fait la réflexion que même en ayant passé une bonne partie de ma vie dans ce département, j’étais aujourd’hui plus habitué aux cafés parisiens ou des centres-villes de province qu’aux bars, souvent PMU, des banlieues et des quartiers.

Celui-ci disposait d’une grande salle aménagée de quelques tables. Ici au moins, contrairement aux cafés de la capitale, il y avait de la place pour circuler.

Quelques clients étaient présents et au fond de la salle, il y avait un attroupement autour des machines destinées à jouer, à parier et généralement à perdre. Courses, loto, grattage. Activités éternellement fructueuses pour l’état, la FDJ et le PMU. Un impôt volontaire sur le rêve.

Nous avons choisi une table près de la vitre. Aucune idée de ce que j’allais commander. J’avais abandonné le monaco, trop de sucre. Une simple bière aurait été peut-être plus dans l’ambiance. Nous nous sommes assis et le garçon est arrivé.

« Bonsoir Messieurs, qu’est-ce-que je vous serre ? »

Sans avoir besoin d’y réfléchir, il a répondu comme si cela lui était habituel « Un monaco s’il vous plaît. Et vous ?

- Pour moi, ce sera un Perrier citron s’il vous plaît ».

J’étais dans mes pensées quand il m’a tendu la main pour me saluer tout en me disant : « Martin Luttérois, enchanté de vous rencontrer.

- Lancelot de l’Asphalte » lui ai-je répondu en lui souriant tout en lui serrant la main.

- C’est vraiment votre nom ? » m’a-t-il demandé surpris.

Je ne sais pas pourquoi je lui ai sorti ce nom-là. En entendant le sien, j’ai pensé aux Martins des dessins animés et des BD. Comme s’il s’agissait d’un nom sorti d’une histoire. Alors j’avais rebondi sur l’un de mes pseudos.

 » – Non, c’est un pseudo bien inspiré que j’utilise parfois.

À mon tour, je lui ai tendu la main :

- Claude Buissière. Heureux de faire votre connaissance » lui ai-je répondu en lui souriant en lui serrant à nouveau la main. »

Les présentations étant faites, je lui ai parlé de mes activités en informatique et en formation d’adultes.

Il avait l’air très intéressé et m’a fait part des difficultés qu’il rencontrait dans son centre social à propos de l’intégration des outils numériques dans les pratiques de ses salariés ainsi que dans celles des usagers de sa structure.

En l’écoutant, je me disais qu’il y avait peut-être la possibilité d’une collaboration dans l’avenir. Il paraît que les rencontres n’arrivent jamais par hasard.

Cela faisait une vingtaine de minutes que nous échangions quand il s’est engagé sur un tout autre sujet.

Il a commencé à me parler d’un rêve. Un rêve qu’il faisait une ou deux fois par semaine depuis environ un mois.

Il l’expliquait par le fait d’être baigné en permanence, et comme tout un chacun, dans les problématiques environnementales que soulève notre époque.

Dans son rêve, il avait été élu pour diriger un programme de réhabilitation environnementale par une assemblée populaire qui gouvernait alors le pays.

Son travail consistait à mettre en œuvre une charte qui résultait d’une grande consultation nationale qui s’était déroulée sur plusieurs mois. Elle avait abouti à ce document qui synthétisait en cinq points fondamentaux la manière dont le pays allait mettre en œuvre l’obligation donnée à chaque état de participer au programme de réparation de la planète.

Il m’a expliqué qu’il était obnubilé par ces cinq points, symbolisés dans son rêve par une étoile verte à cinq branches. Il y pensait à longueur de journée mais d’habitude, il n’en parlait jamais. Cette dernière confidence me toucha particulièrement.

Ces cinq points correspondaient à cinq axes de travail reconnu comme prioritaires : contribution financière, recyclage industriel, nettoyage de la planète, production d’énergies vertes et décentralisation de l’activité économiques.

Même s’il m’a affirmé, avant de commencer à me les expliquer, qu’il allait faire court, j’ai trouvé tout cela un peu compliqué.

Le premier point concernait la collecte de la contribution exceptionnelle de solidarité écologique. Elle était basée sur un pour mille des revenus annuels de chaque habitant majeur, sans aucune dérogation ou exonération possible, pendant cinq ans. Cet apport devait financer les programmes de reforestation, d’adaptation des méthodes de productions agricole et d’élevage en milieu rural et urbain ainsi que les fonds d’indemnisation et les primes nécessaires pour accompagner ces changements.

Le second point s’attachait à la mise en œuvre de l’organisation de toutes les nouvelles filières de recyclage industriel et en particulier celles chargées de restaurer les voitures, les motos ou les camions à moteur thermique en véhicules à moteur électrique ou à hydrogène.

Pour le troisième point, l’organisation des grandes opérations de nettoyage des terres et des océans, des moyens exceptionnels avait été débloqués. Vingt pour cent des ressources militaires de chaque état devait être mis à disposition à cet effet, conformément au traité international qui encadrait à ce programme. Ce même traité qui avait imposé un moratoire de 5 ans sur l’utilisation d’armes lourdes dans tous les conflits armés.

La mise en œuvre des programmes de production d’énergies vertes s’inscrivait dans le quatrième point. Des quota de production minimum avait été défini au niveau communal. Chaque ville avait aussi à assumer le traitement et la valorisation d’une grande partie de ses déchets ainsi que le développement de techniques de récupération et de traitement du Co2.

Enfin, le cinquième point traitait de la décentralisation des activités économiques par le redéploiement d’une partie de celles-ci vers les régions, avec le renforcement des infrastructures nécessaires à cela (logement, accessibilité et connectivité).

En l’écoutant, je me disais qu’il semblait très bien connaitre son affaire. Une telle description et tant de détails paraissaient quand même étonnants pour un simple rêve. Peut-être était-ce dû à la récurrence de celui-ci. Un peu plus de précisions à chaque fois.

Depuis déjà un moment, l’idée de garder une trace de cette conversation me démangeait. J’ai décidé de prendre quelques notes de son récit.

Tout en lui demandant si cela ne le gênait pas, j’ai sorti un stylo de mon sac ainsi que mon cahier, celui sur lequel il est inscrit « Tout va bien ». Je me suis mis à écrire avec le plus de détails possible ce qu’il m’avait déjà raconté.

 » Donnez-moi deux minutes.

- Aucun problème, faites donc. Je dois vous avouer que je suis même flatté que vous vous intéressiez autant à cette histoire. Quelque part, ça me rassure ou ça me soulage, quelque chose comme ça. »

Pendant que j’écrivais, il consultait son smartphone.

- Voilà, je me suis fait un petit résumer de votre rêve. Surtout les cinq points de votre mission, je les trouve inspirants.

- Vraiment, répondit-il en déposant son smartphone face retournée sur la table.

- Oui, alors dites-moi comment tout cela s’organisait-il ? »

Il en parlait comme un militant, comme un homme politique. Convaincant, il transmettait par la forme et le fond de son discours une envie de se joindre à lui pour mettre en œuvre ces projets.

Quand il a eu fini d’exposer les détails de ce qu’il appelait sa « mission », je suis resté sans voix. Tout en repensant à ce qu’il venait de dire, je me demandais encore comment un rêve pouvait porter un tel message. En fait, je pense que je suis resté bloqué sur cette idée de message. Tout cela ressemblait à une mission d’inspiration divine. Peut-être un message pour venir nous sauver ?

Le silence s’étirait en longueur au point d’amorcer un léger malaise. Il devait attendre une réaction de ma part. Il fallait que je dise quelque chose.

- Je suis impressionné. Si vous ne m’aviez pas dit qu’il s’agissait d’un rêve, j’aurais pris cela pour une déclaration d’engagement d’un nouveau parti écologique. Qu’allez-vous faire de ces belles idées ?

- Je n’en sais rien. À force d’avoir ces idées dans la tête, je connais mon propos par cœur. Je pourrais peut-être essayer d’en faire les bases d’un nouveau mouvement, mais ce n’est pas moi. Je ne sais pas pourquoi mon esprit s’est mis à avoir ces idées. Je ne suis pas un militant. Je me demande même pourquoi je vous en parle ce soir.

- Peut-être pour mesurer comment un tel message peut être reçu par quelqu’un d’autre que vous. A qui d’autre en avez-vous parlé ?

- À ma femme et à deux ou trois amis. Mince, quelle heure est-il ? Je devais retrouver ma femme. »

En consultant mon smartphone pour savoir quelle heure il était, je me suis aperçu que j’avais raté deux appels ainsi qu’un message sur répondeur et un SMS de mon fils. Il était vingt heures vingt. Nous étions restés à discuter pendant plus d’une heure.

« Il est déjà vingt heures vingt, lui ai-je répondu. Je vais devoir me mettre en route moi aussi. J’ai une correspondance à attraper et je ne l’ai jamais prise aussi tard.

- Moi aussi, je vais rejoindre ma femme qui finit à vingt heures trente. Elle travaille au magasin Conforama situé au Pont de Bondy. Ça va faire juste, je serais peut-être un peu en retard mais je vais l’appeler. J’espère ne pas vous avoir trop embêté avec mes histoires de rêve ?

- Non, vraiment. Je vous l’ai dit tout à l’heure. J’ai trouvé tout cela très intéressant et je crois que je vais continuer à y penser un moment. J’ai mes notes et j’ai même envie de vous remercier pour ces belles idées. » Tout en rangeant mon cahier, je me disais que cela pourrait toujours faire un bon billet sur mon blog.

Alors que nous nous approchions du comptoir pour régler nos consommations, il a sorti son portefeuille en me répondant « C’est tant mieux que cette histoire vous plaise. Je vous refile le bébé et je vous invite pour ce soir. »

Il y avait toujours autant de monde autour des machines à jouer. Comme j’avais mon portefeuille à la main, j’en ai sorti une de mes cartes de visite.

« Merci pour l’invitation. Tenez, je vous laisse mes coordonnées. On ne se sait jamais, vous pourriez avoir besoin de mes services pour votre centre social.

- Merci à vous. Je vous recontacterai sûrement. »

Dehors, il faisait logiquement toujours aussi nuit que quand nous sommes rentrés dans le café mais il n’y avait pratiquement plus personne sur le parvis et les passerelles.

En nous dirigeant vers le tramway, nous avons repris notre conversation sur un registre plus professionnel. Le rêve n’était déjà plus d’actualité.

Quand nous sommes arrivés à la station, un tramway était à l’approche. Retour à une situation plus saine. Peu de voyageurs sur le quai et guère plus dans les voitures. Des places assises qui se libéraient un court instant pour être aussitôt occupées par de nouveaux passagers. J’apprécie autrement les transports en commun dans ces conditions.

Durant les quelques stations qui nous séparaient de notre point d’arrivée commun, la station « Pont de Bondy », nous avons continué à parler d’ordinateurs et d’utilisateurs. Il semblait sérieusement intéressé par ma façon d’aborder la question.

Nous nous sommes quittés précisément sous le pont de Bondy, après avoir échangé une poignée de main franche. Il a continué sa route en direction du Conforama rejoindre son épouse et, tout en remettant ma casquette, j’ai traversé la route pour rejoindre mon arrêt de bus.

Finalement, je ne l’aurais pas attendu très longtemps. Comme pour le tramway, vite fait bien fait. Ça me va.

Installé pour au moins quarante minutes de trajet, j’ai repensé à ce moment passé avec Martin. À nos échanges et plus précisément à ce rêve.

C’est à cet instant que j’ai réalisé que je n’avais aucun moyen de le recontacter. Seul lui aurait pu en prendre l’initiative s’il ne perdait pas ma carte.

Dans la foulée, je me suis souvenu de l’une de ses dernières phrases au café  » Je vous refile le bébé…  ». M’aurait-il missionné ?

Lui, Martin, son rêve. Moi et l’idée de me faire le relai de ses propositions.

J’ai sorti mon cahier et relu mes notes. J’en ai aussi profité pour les compléter.

Dans le monde réel, tout cela paraîtrait sûrement farfelu, impensable, impossible.

Justement, pourquoi pas ? Qui sait, peut-être que ces grandes idées pourraient faire leur bonhomme de chemin. Pour les diffuser, je pourrais profiter de mon blog ou de mes réseaux.

J’aurai bien aimé pouvoir le recontacter pour en parler avec lui mais à cet instant, c’était impossible. Pour cela, c’est lui qui déciderait.

J’étais toujours dans mes pensées lorsque je me suis rendu compte que mon arrêt approchait. Pour une fois, je n’aurai pas vu le trajet passer, trop absorbé que j’étais par cette affaire. Pourtant, il était quand même vingt et une heures trente quand j’ai ouvert la porte de mon appartement.

 En me réveillant le lendemain, j’avais encore cette histoire de rêve en tête. Je ne sais pas si j’en ai rêvé cette nuit-là. Je me suis préparé comme d’habitude : Café, check sur les réseaux en écoutant les actualités, douche, habits du jour, matériel du jour, contrôles de la sacoche, des poches, des radiateurs, des clés et fermeture de la porte.

Lorsque je me suis retrouvé dans le tramway une heure plus tard, j’ai eu un drôle de sentiment. Un doute qui, une fois installé, n’a cessé de grandir tout au long de ma journée.

D’un point de vue rationnel et matériel, que me restait-il comme preuve de ma rencontre avec Martin ? Il ne m’a rien laissé de lui si ce n’est son rêve et son message.

Je ne me voyais pas retourner au café leur demander si j’étais bien passé la veille avec un autre homme.

Pour me rassurer, je me disais que j’avais au moins mes notes. Sans cela, j’aurais tout aussi bien pu tout avoir rêvé.

Malgré une inspection méticuleuse de mon sac, je n’ai pas trouvé mon cahier. À ce moment, j’en ai conclu que j’avais dû le laisser à la maison.

En fait, je ne l’ai jamais retrouvé.

D’un côté, je me disais que je l’avais peut-être simplement oublié dans le bus, et d’un autre, je me demandais si tout cela avait vraiment existé.

Et si je m’étais simplement endormi sur cette place bien choisi au départ de mon trajet ?

Plus que jamais, je me retrouvais seul avec le rêve de Martin.

Pendant les jours qui ont suivi, je me suis souvent dit « C’est lui, Martin Luttérois qui a fait ce rêve, ce n’est pas moi », comme pour essayer de m’en défaire mais j’ai continué à y penser.

Quelques jours plus tard, en me répétant cette phrase pour la énième fois, j’ai réalisé qu’ici, en France, j’avais rencontré ce Martin à propos d’un problème lié à la planète.

Mais si je l’avais rencontré dans un pays anglo-saxon, j’aurais pu croiser non pas un Martin Luttérois mais un Martin Luther King.

« He, Martin Luther King, came to tell me ‘I have a dream’. It’s just fantastic! »[1]

Finalement, que ce soit en rêve ou en réalité, j’avais rencontré Martin qui m’avait confié son message et transmis son rêve.

J’en ai même rêvé l’autre nuit.

Je ne sais pas si l’avenir me donnera une réponse sur la réalité de cette rencontre mais je me contenterais d’abord d’en faire le récit par écrit.

Au moment où je finis d’écrire mon histoire, je n’ai toujours pas de nouvelles de Martin.

En confiant ce récit à un autre blogueur pour qu’il le diffuse, j’espère pouvoir réussir à toucher d’autres personnes.

Partager ainsi le souvenir du rêve de Martin.

Claude Buissière,
Montfermeil, décembre 2018.

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[1] Lui, Martin Luther King, est venu me dire « j’ai un rêve ». C’est juste fantastique !

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