18 avril 2019 0 Commentaire

Hacking cérébral

Hacking cérébral

Voilà, ça devait arriver.

Comme tout le monde, je savais que les réseaux étaient fréquentés aussi par des escrocs, des voleurs, des pervers narcissiques et autres déréglés du chapeau.
Comme dans le monde réel, c’est logique.
Internet n’allait pas ne laisser passer que le meilleur de l’humanité.

Un truc populaire :
Hacking cérébral : Un truc populaire

Ainsi, comme tout un chacun, je savais que je pouvais potentiellement être la victime d’un mail frauduleux avec une pièce jointe infectée, genre ransomware, ou encore d’un faux message d’un proche me demandant de lui avancer discrètement et urgemment de l’argent.
Comme beaucoup d’entre nous, j’aurai pu aussi cliquer sur un lien qui m’aurait dirigé vers un site qui aurait pollué mon navigateur.

Ou alors, je suis peut-être en train d’utiliser un PC fantôme qui participera bientôt à une attaque contre une multinationale ou un état quelconque ?

Enfin comme presque chaque internaute, je savais que je pouvais me faire hacker un compte sur un réseau social ou même ma boite mail, voir mon compte bancaire et bien sûr, j’étais aussi conscient que d’autres pouvaient éventuellement utiliser mon identité à mauvaise escient.

Donc, je me pensais plutôt bien informé sur les risques que pouvait engendrer l’utilisation de services en ligne.

Un truc efficace :
Hacking cérébral : Un truc efficace

Heureusement, dans cette période que je qualifie de « préhistoire de l’ère numérique » et où tout reste à inventer, on peut compter sur la nature humaine pour découvrir sans cesse de nouveaux produits et de nouveaux services toujours plus rapides, plus puissants et plus intelligents.
Pour le meilleur et pour le pire…

Depuis 10 ans, j’utilise Facebook et la rentré 2018, j’ai constaté qu’il y avait de plus en plus de publications sponsorisées et suggérées qui venaient s’insérer entre les publications de mes contacts (autrement appelés « amis »).

Étant de la génération « Fils de pub », je me pensais à peu près être immuniser contre les effets néfastes de la publicité comme les achats compulsifs, les frustrations morbides, la déformation de la vision du monde ou d’autres encore.

Finalement, ces inserts dans le fil de mes publications ont fini par atteindre leur objectif : Ils ont déclenché un acte d’achat et m’ont utilisé pour faire suivre une de leur publication.

Un truc comme les autres trucs que je fais :Hacking cérébral : Un truc comme les autres trucs que je fais

« Ils », ce ne sont pas que les inserts. Derrière eux, ce sont des algorithmes qui se sont mis en œuvre. A force de scruter mon comportement sur ce réseau, d’observer mes publications, d’analyser mes commentaires, de voir mes likes, avec leur capacité à recouper toutes ces informations sans limitation de volume et de temps, ils en savent beaucoup sur moi.

 Là, on pourrait penser que je vire parano !

En fait, cette connaissance n’est pas franchement liée à ma personne.
C’est la connaissance d’un compte parmi des millions d’autres, juste à des fins mercantiles.
Enfin, je l’espère.

Un truc à ne pas manquer :
Hacking cérébral : Un truc a ne pas manquer

A un bout de la chaine, il y a un humain (moi) qui interagi avec d’autres humains par le biais d’un réseau social et entre nous, il y a des intelligences artificielles qui traitent des demandes.

Tout cela au service de professionnels qui produisent des biens et des services et des diffuseurs à la recherche de cibles.

Parmi les conséquences de ces stratégies de développement, il y a donc ces insertions publicitaires (même si elles sont appelées autrement) dans des conversations sinon privée, au moins interpersonnels et toujours au plus proche de nos centres d’intérêts.

Chaque action réalisée par l’utilisateur vient alimenter cette base connaissance.

Il ne s’agit plus de simple cookies enregistrés dans les fichiers temporaires d’un PC ou d’un smartphone. Vous pouvez changer de machine ou de terminal tant que vous le voudrez, l’information est associée à votre compte.

Un truc éternel :
Hacking cérébral : Un truc éternel

Et si ce compte est associé à d’autre compte, cela est encore mieux.

Comme si un bon vendeur et surtout bien renseigné venait frapper à la porte de chez moi, fort de tout ce que les sciences humaines ont pu apporter au domaine de la vente et de toutes ces informations me concernant, pour me vendre un produit X ou Y qui bien sûr, correspondrait à quelques chose en phase avec mes aspirations du moment.

Il y a fort à parier que dans ces conditions, la vente soit réussie.

La différence avec les réseaux, c’est que je n’ai même pas fait attention qu’il s’agissait d’un vendeur. Il était là, dans mon fil, dissimulé parmi mes amis plus ou moins connus.

Lorsque j’ai validé cet achat ou quand j’ai partagé cette publication suggérée, je n’étais pas vigilant comme je peux l’être face à un vrai vendeur ou pendant une série de spots publicitaires. J’étais chez moi, plutôt détendu, ouvert à ce qui m’était présenté dans mon fil d’actualité. A ce moment, j’ai joué le jeux de ces intelligences.

Pour tout dire, je trouve même que parfois, ces publications choisies sont plus intéressantes et plus pertinentes que d’autres publiés par mes contacts.

Il y aurait-il plus d’intérêt, d’un point de vu intellectuel, à discuter avec une I.A. ou un bon algorithme qu’avec un humain ?

Immédiatement, je préfère éviter la réponse.

Un truc lumineux :
Hacking cérébral : Un truc lumineux

Je me dis que ce qui est important, c’est déjà de le faire en connaissance de cause et de manière voulue.

Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, tous les assistants et coachs virtuels qui influent au quotidien la vie de certain d’entre nous ne sont que des algorithmes, quand ces système ne sont pas directement relié à une I.A. Dans quelle mesure les utilisons nous avec cette conscience de qui est l’autre ?

 S’agit-il d’une délégation de notre libre arbitre ?

Quand il achète cet article tellement fun apparu dans son fil d’actualité, quand il partage cette publication suggérée, quand il suit les bons conseils alimentaires de son application, quand il réalise le programme de remise en forme proposé par la dernière APP tendance ou encore quand il prend rendez-vous avec cette femme suggérée par son site Web de rencontre, est-ce lui ou le système qui a pris la décision ?

On peut toujours dire que rien n’a changé, ce n’est que de la pub mais il sera aussi toujours possible de répondre que non, ce qui se passe là est bien pire.

Un truc sur les gens que je connais peut-être :
Hacking cérébral : Un truc sur les gens que je connais peut-être

C’est parce que j’ai réalisé cela après coup que je considère que je me suis fais hacker mon cerveau.
Oh, rien de grave.
Un cadeau qui fera plaisir et un partage qui passera sans doute inaperçu dans le flux des publications.
Cela ne m’a même pas fait mal.

J’ai entendu dire que par ailleurs, des stratégies de publications bien choisies par quelques inconnus avaient pu influencer des élections dans une république constitutionnelle fédérale outre atlantique. Si cela est vrai, c’était un hacking cérébral de masse.

Cela dit, j’ai décidé que par principe, je partagerai plus (pour le moment) ce type de publication et ce, même si parfois elles sont chouettes. Pour ce qui concerne les achats, je vais y penser.

Entre le moment où j’ai commencé à écrire ce billet, en janvier, et aujourd’hui, Facebook à eu le temps de me proposer un nouveau type d’insert. Maintenant, le réseau m’interpelle directement par mon prénom.

Un truc avec mon prénom :
Hacking cérébral : Un truc avec mon prénom

Peut-être qu’un jour, ce sera mon idéal féminin qui me proposera d’acheter un nouveau four à micro-onde avec comme argument un fait de ma vie privée ?
En même temps, ce serait aussi pour moi une grande découverte. Pas pour le micro-onde.

Réseau social sûrement, réseau consumériste peut-être mais réseau humain quand même !

M.

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