9 avril 2018 1 Commentaire

D’une série au concept

Le rêve français

Le jour où une partie de mon histoire m’a été révélé par un téléfilm français.
Individu, libre, indépendant et autonome, je ne m’étais jamais posé plus de question que cela.

Je savais que je n’étais pas blanc. Je savais que je n’étais pas noir.
Je savais que je n’étais pas antillais mais aussi que je n’étais pas français.

J’en étais arrivé à la conclusion que j’étais un citoyen du monde, libre, indépendant et autonome.
Cela me suffisait, ou d’être ni-ni était déjà assez difficile à gérer au quotidien.

Ici je suis né, ici j’ai grandi, ici je fais ma vie.
Sans rêve français.

Je sais que cette série ne relate pas vraiment la vie de ces milliers d’antillais, vivant entre deux cultures, deux territoires, de ceux qui sont resté discret jusqu’au bout.
Le « deal », c’était ça : Rester discret, procéder à l’assimilation et transformer la culture en folklore, ça se vend mieux.

Cette série nous parle du Bumidom, d’indépendantistes, d’un prisonnier qui devient avocat et qui flirt avec la politique mais il y a eu d’autres chemins pour traverser, d’autres revendications, d’autres cellules qui ont conduits à d’autres métiers et enfin, d’autres carrières avortées à cause de … mais cela ne se dit pas, nous sommes en France.

Tout cela était tellement normal que même moi, je n’avais jamais fait la démarche de connaitre, de comprendre l’histoire de cette partie du peuple de France.
Cette partie des français d’abord vendus et achetés, puis embauchés ou titularisés et enfin mis à la retraite, discrètement, sans se faire remarquer.

Aujourd’hui, les descendants, finalement assimilés, toujours discrets, restés en métropole.
Les autres, les moins assimilés, les plus lucides ou les moins téméraires, sont retournés au pays, l’un des autres pays de France.

Moi, Michel, ni noir, ni blanc. Le manichéisme n’a jamais été pour moi.
Je suis de cette histoire, descendant d’esclaves, descendant d’africains, de français, d’espagnols, d’indiens, je suis nègre.

Être nègre, ce n’est pas qu’une question d’apparence.

Être nègre, c’est comme les blonds, ne cherchez pas, c’est un concept !

Une réponse à “D’une série au concept”

  1. Cathie 11 avril 2018 à 8 h 26 min #

    Coucou Michel tu m’étonnera toujours ! Je suis citoyenne du monde pour éviter toute idée de territoire pour remettre l’histoire du monde au cœur de nos vies,pour éviter les guerres. Je suis un être humain différent de mon voisin et c’est cette différence qui fait notre richesse.


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